Carnet de Route

Débuts – Auckland

            Le mojo de ce deuxième article ? « Faisons l’autruche », pour faire comme si deux mois ne s’étaient pas écoulés depuis le premier signe de vie de cet endroit perdu de l’internet. Non je plaisante (mais te voilà prévenu.e) !

            Oui, ok, d’accord, ce deuxième article arrive longtemps après le premier. Mais petit spoil (pour ce que c’est), d’ici la fin du mois du mois le rythme de publication va connaître un bref coup d’accélérateur ! Prépare-toi donc.

            Mais aujourd’hui je viens donner des nouvelles du « début » de mon visa. Oui je sais, si tu fais le compte ça va bientôt faire quatre mois. Et quatre mois sur les douze qu’autorise le Visa vacances-travail, cela représente déjà un quart (ce qui à mon sens est déjà conséquent, après tout c’est la moitié de la moitié de mon voyage!).

            Autant le dire tout de suite, ce n’est pas encore très folichon comme voyage ; mais je vais vite en besogne, ralentissons. Voici donc un résumé de ma nouvelle vie ici, depuis mon arrivée.

            J’ai posé le pied ici, c’était très exactement le 2 juin. J’avais quitté la France deux jours auparavant (départ de Charles-de-Gaulle vers 15 ou 17h il me semble), passant par une escale de 5h à Hong-Kong. Pour ceux qui ne le savent pas encore, la France et la Nouvelle-Zélande étant complètement opposées, le cycle des saisons le sont également : je quittais donc un climat proche de l’été pour arriver au milieu de l’automne… Ambiance.

            Et encore, j’ai de la « chance » : Auckland étant au Nord du pays, donc plus près de l’Équateur et de sa chaleur, l’Automne et l’Hiver y sont doux. Pas comme dans l’île du Sud, fréquentée à ces époques de l’année pour ses stations de ski.

            Bref ; j’étais donc arrivée à destination. En un clin d’oeil ou presque, me voilà arrivée dans l’auberge où j’ai prévu de rester une semaine au moins, « pour voir » (j’y habite toujours), le temps des formalités administratives, tout ça tout ça. Dans le bus (direct) qui me conduisait de l’aéroport jusqu’au centre-ville, je commençais à toucher des yeux la nouveauté qui m’environnait de partout. Cherchant peut-être à déceler ce qui, sur une autoroute, pouvait déjà présager de la différence d’avec mon cher et tendre pays d’enfance…

            J’ai passé les trois premiers jours dans le coltar : fatigue du décalage (que je remerciais en secret, pour une fois j’avais un rythme « normal »), sans parler de la pluie qui sévissait ces jours-ci. Les deux rues proches de mon backpacker hostel étaient marquées d’un inconnu difficilement définissable… Ce qui est le propre de l’inconnu, je suppose. Ma mémoire a mis un temps à accepter d’organiser et agencer l’espace que je commençais à connaître. Comme si je tenais à rester en terrain inconnu, mystérieux, le plus longtemps possible. Puis la ville a commencé à devenir familière. Ordinaire, pourrons-nous dire.

            Au bout d’une semaine d’adaptation (entre la reconnaissance des lieux, les premiers échanges avec les autres locataires du backpack (pour backpacker hostel, en vrai je les loge pas dans mon sac à dos hein), les formalités administratives que je repoussais…) je reçois des nouvelles de ma famille : un décès (le décès, pour ainsi dire), celui qui planait au-dessus de tout le monde, s’était finalement produit. Je suis alors retournée en France en une semaine express (compter deux jours d’avion, aller comme retour), en bénéficiant de mon assurance qui en cas de décès d’un membre de la famille proche prenait en charge tous les frais de transport.

            Une semaine plus tard donc, j’étais bel et bien de retour au pays des kiwis, pour de bon cette fois-ci.

            À mon arrivée je n’avais pas de plan fixe. Je savais seulement que je tenais à travailler à l’extérieur, peu importe les fermes, les exploitations… J’avais besoin de vert. Pour m’être renseignée, arrivant à l’orée de l’hiver, je m’attendais à ne pas travailler tout de suite et mon plan « de base » était de me planquer dans un woofing à la campagne, le temps de plusieurs mois, histoire d’être au vert et d’économiser sur la bouffe et l’hébergement.

            Mais une fois au chaud dans mon hôtel, à me lier d’amitié avec les uns et les autres, je n’étais plus aussi sûre de ce que je voulais… Pour être honnête, je me souviens à peine du mois de juin (et c’est pas l’alcool) : me revient surtout en mémoire qu’à ce moment là je lisais beaucoup, pour avoir emporté avec moi des bouquins que je voulais absolument lire, avant de m’en défaire et de les renvoyer en France. Je n’ai pas vraiment visité Auckland (comprendre : aller aux endroits « incontournables »), mais c’est pas non plus faute d’y avoir vadrouillé un peu quand même.

            Au début du mois de juillet ma décision était donc prise : j’allais rester ici pour travailler un peu. On m’avait tellement dit que trouver un boulot était super facile ; après tout pourquoi se contenter de ne pas dépenser, quand je pouvais commencer par me faire un peu de blé ? Pour autant, outre ma recherche d’emploi (qui elle aussi aura mis du temps à vraiment démarrer), il me semble ne pas avoir plus de souvenirs du mois de juillet que du mois de juin…

            Je le reconnais (un peu honteuse), j’ai lu, perdu mon temps perdue sur mon écran (les canapés de mon auberge sont très confortables), dépensé mon argent (rien que l’auberge, ça représente une petite somme) parfois en futilités dont je ne saurais bien me rappeler… Mais début de l’hiver oblige, il faut aussi reconnaître que le temps n’encourageait pas non plus à aller se perdre dans la ville.

            C’était la première fois que je me lançais dans la recherche d’emploi. En France cette seule perspective m’aurait mortifiée d’avance (le syndrome de l’imposteur, tu connais?), mais ici rien, nada. Je n’avais aucune expérience en restauration mais justement il m’en fallait (je pense un peu à mon futur lointain, mais je t’expliquerais ça une autre fois). Et l’une de mes roomies m’avait filé un bon plan, l’adresse d’un site où pas mal d’employeurs et de futurs employés se croisaient. Grâce à lui, j’ai pu me rendre à quelques interviews (des entretiens, infructueux mais intéressants tout de même), jusqu’à the interview.

            Le café était plutôt proche de mon backpack, mais le hick : on me demandait de pouvoir rester ici… 6 mois. OSEF, c’était un sacrifice sur les expériences que je voulais vivre en travaillant avec ce visa, mais j’en ressortais gagnante sur le plan de l’expérience : 6 mois en restauration me semblait être réutilisable ensuite, comme une expérience solide. J’ai donc signé. Une autre convocation pour signer mon contrat, me voir confier un uniforme, et bim. Je commençais le 23 juillet.

            Si ce que je fais t’intéresse, patience ; j’ai prévu d’en parler dans un futur article !

            Je travaille toujours au même endroit, et je vis toujours dans le même backpack. Je reviendrai sur l’un et l’autre dans des articles séparés, puisque ma vie professionnelle comme la vie dans une auberge de jeunesse méritent leur propre lumière.

            Et sinon, pendant que chez toi c’est (très probablement) l’automne depuis deux jours à peine, chez moi… Le printemps a officiellement ramené ses fesses ! J’attends de voir si le temps s’améliore tant que ça (comme je te le disais, l’hiver est plutôt doux ici, on a eu du très beau ciel bleu par ci par là), mais en attendant… Je suis malade. Ou plutôt, je sors à peine d’une grippe.

            Sur ce je te dis à pluche, et à la semaine prochaine !

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *